vendredi 8 avril 2011
Du web, mais pas que
dimanche 24 octobre 2010
Du baroque
dimanche 5 septembre 2010
Là-derrière

mercredi 7 juillet 2010
Errance

samedi 22 mai 2010
You and me

dimanche 28 mars 2010
Texte # 4
lundi 22 mars 2010
Duane Michals

The unfortunate man
dimanche 17 janvier 2010
The do-it-yourself clic-clac !

Si vous voulez voir plein de sténopés... fouillez. C'est souvent fait par des amateurs fous, et c'est souvent génial. Pour une bonne perspective de la chose, allez jeter un oeil au Photopoche consacré au sténopé.mardi 29 décembre 2009
Kitsch

mercredi 16 septembre 2009
La chose génitale

Désiré-Magloire Bourneville et Paul Regnard,
Attaque d'Hystérie, Première Phase, vers 1877.
Planche 2 de l'Iconographie Photographique de la Salpêtrière
Institut de France
Dans Le Féminin et le Sacré, Julia Kristeva et Catherine Clément reprennent ces propos de Charcot sur l'extase des femmes à la Salpêtrière.
Désigner la "chose génitale" dans l'hystérie, c'est d'abord se référer à l'étymologie du terme, liée au terme d'utérus. Jusqu'au XIXe, on pensait en effet que l'hystérie était une pathologie due à la remontée de l'utérus dans le corps.
Mais désigner cette chose monstrueuse, c'est aussi rappeler que, socialement (et sous certaines influences religieuses), la place des organes fait aussi office de hiérarchie. En haut, le noble : la tête où siège la pensée, la séduction chaste de la chevelure, les yeux (paraît-il fenêtres de l'âme), les larmes. En bas, l'ignoble : les déchets corporels, l'ancrage dans la terre, et le siège qui est aussi au principe des pulsions (paraît-il animales)...
Dans l'hystérie, quand la femme se change en bête, il ne pouvait y avoir que de la chose basse et animale. Mais pourquoi la femme en particulier?
La femme, c'est le sujet d'étude du docteur Charcot, psychiatre à la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle. Il s'intéresse alors à l'hystérie, crée une ville psychiatrique dans Paris, tente de comprendre et de classer les pathologies en "types". Pour ce faire, il installe un service photographique dans ses locaux et élabore une iconographie des "folles".
Dans L'Invention de l'Hystérie, Georges Didi-Huberman s'intéresse plus au médecin et à sa démarche qu'aux patientes de la Salpêtrière. Il interroge ce lien étrange entre celui qui soigne, observe et parfois contemple ses innombrables modèles- autour de 4000 femmes étaient alors enfermées là. En effet, Charcot fit plus oeuvre d'exhibition que de guérison. Dans ses fameuses "leçons du mardi", on se presse pour voir et entendre les folles, on classe, on désigne.
Georges Didi-Huberman tente de décripter cette micro-société basée sur le spectacle et sur l'image, rendue possible par les progrès de la photographie.
Quand il parle d'Invention de l'Hystérie, l'auteur pense le terme "inventer" comme créer, puis comme imaginer- abuser déjà de cette création-, et enfin comme trouver (comme on invente un trésor), c'est-à-dire tomber sur la chose par hasard.
De toute évidence, Charcot serait alors tombé sur une chose génitale. Ah tiens.
Je vous le conseille donc: Invention de l'Hystérie, Charcot et l'Iconographie Photographique de la Salpêtrière de Georges Didi-Huberman.
mardi 21 juillet 2009
TOP 5! (2)




dimanche 17 mai 2009
TOP 5!
Une première liste d'idées...

Anaïs:mardi 3 mars 2009
Manifeste

Un petit mot proposé par Anne-Catherine sur ce Manifeste pour les produits de première nécessité, rédigé par Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume de Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William.
Il s'agit ici de la situation actuelle pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion.
Les auteurs affirment collectivement leur soutien au mouvement social qui secoue ces îles en ce moment. Au delà de l'aspect politique des événements, le Manifeste veut mettre au jour la puissance poétique qui se dégage des actes et des revendications en cours.
"Par cette idée de haute nécessité, nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en oeuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces "produits" de haute nécessité?
C'est tout ce qui constitue le coeur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.
(...) C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses."
Un découpage de ma part un peu barbare où politique et poétique se rencontrent néanmoins.
Pour ceux qui souhaitent se faire une idée du texte dans sa totalité, il est disponible via ce lien.
Je peux aussi vous envoyer le texte en pdf.
mercredi 28 janvier 2009
Eloge de la Créolité, par A.M.
« Nous devons nous habituer à l’idée que notre identité va changer au contact de l’Autre »
Edouard Glissant
Je reprendrai ici les mots et concepts d'une poignée d'auteurs qui ont -à mes yeux- écrit et pensé le monde de la façon la plus juste ces dernières années.
Ce qui ici me paraît intéressant -et donc à partager- c'est la façon dont ces deux auteurs: Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant décrivent cette volte habile et rusée qui du néant et de la violence a su faire surgir la Créolité, premier maillon du Tout-Monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Avec le système plantationnaire les Colons blancs ont pensé et mis en oeuvre la réunion de divers peuples : indiens caraïbes, africains de multiples ethnies dans un même lieu et sous l'égide absolu de la division.
Conception humaine entérinée par des années de gouvernement machiavélique : divide ut regnes.
Mettez dans un même lieu des peuples de cultures et surtout de langues différentes, et placez le tout sous la domination violente d'une culture et d'une langue étrangère qui se veut supérieure.
A partir de là, comment imaginer ne serait-ce que la possibilité de la moindre révolte contre l'ordre établi dans ce chaos babélien de langue et de culture ?
Et pourtant...
De là, de ce mélange forcé, de cette "mise en convergence massive, brutale et accélérée de peuples, de langues et de culture diverses", de ce processus de créolisation résulte la Créolité.
Et cette Créolité, c'est cette richesse incroyable dont tentent de témoigner Glissant et Chamoiseau à travers leurs oeuvres. (Mais aussi Raphaël Confiant, Jean Bernabé, Maryse Condé, Simone Schwartz-Bart, Alex Gauvin...)
C'est la possibilité de naissance au milieu de nulle part, au milieu d'une volonté même d'écrasement de toute possibilité, d'une culture de survie, d'une culture marquée par la domination, d'une culture d'une richesse inégalable.
« La Créolité est l'agrégat interactionnel ou transactionnel, des éléments culturels caraïbes, européens, africains, asiatiques, et levantins, que le joug de l'Histoire a réunis sur un même sol. (...) Nous avons goûté à toutes les langues, à toutes les parlures. Craignant cet inconfortable magma, nous avons vainement tenté de la figer dans ailleurs mythiques (regard extérieur, Afrique, Europe, aujourd'hui encore, Inde ou Amérique), de chercher refuge dans la normalité close des cultures millénaires, sans savoir que nous étions l'anticipation du contact des cultures, du monde futur qui s'annonce déjà. Nous sommes tout à la fois, l'Europe, l'Afrique, nourris d'apport asiatiques, levantins, indiens, et nous relevons aussi des survivances de l'Amérique précolombienne. La Créolité c'est le monde diffracté mais recomposé, un maelström de signifiés dans un seul signifiant : une Totalité. (...) la pleine connaissance de la Créolité sera réservée à l'Art, à l'Art absolument. »
Eloge de la Créolité, 1989.

Patrick Chamoiseau est né à Fort-de-France en Martinique en 1953, il est connu en France pour son roman Texaco prix concourt 1992. Il y a vingt ans aux côtés de Raphaël Confiant et Jean Bernabé il publie Eloge de la Créolité : manifeste artisitique, littéraire, politique du mouvement du même nom.

Edouard Glissant est un écrivain, essayiste, poète martiniquais né en 1928, qui a publié de nombreux ouvrages sur les Antilles : romans, poésie ou enquêtes sociologiques.
Un peu de sagesse créole dans la langue : Balyé bo la pot ou!








